Le Vercors

 

Voilà une sortie ambitieuse pour une destination certes un peu lointaine mais aux charmes multiples qui comblera les amateurs de nature comme les motards avides de virages et de petites routes pittoresques.

 

Sur le parking du Super U de Saint Maximin, nous nous retrouvons, une partie seulement de notre groupe, le reste se joindra à nous à Vinon sur Verdon. Petite inquiétude au départ Alain, guide du groupe 1 manque à l’appel ? attente, coup de fil, encore attente et enfin nous l’apercevons qui arrive vivement, finalement l’attente n’aura été que de courte durée, la faute à un défaut d’appréciation un peu sous-évaluée de la distance, rien de grave, nous pouvons donc nous élancer vers notre destination des montagnes du Vercors, là-bas vers le nord et non vers l’est comme déjà le GPS voudrait nous y fourvoyer, ah ces petits engins, du lait sur le feu …. pas bien grave les démarrages en tout, ne sont jamais faciles ! Un demi-tour et tout rentre dans l’ordre.

 

La première partie du parcours que nous connaissons bien est agréable, nous traversons le haut Var et son charme champêtre et arrivons à Vinon sur Verdon pour la pause-café, où nous attendent Michel, Patricia et Gilbert, ainsi qu'Andrée et Denis que nous sommes heureux de retrouver.

 

Le Vercors est encore loin et il faut se résoudre si nous voulons profiter de ses  charmes au maximum à en réduire le temps d’approche, pour cela une seule possibilité : l’autoroute, Manosque-Sisteron c’est heureusement assez vite fait, mais nous verrons pour le retour qu’il en sera tout autrement ...

 

Nous traversons le pays du Buech et déjà nous pouvons apercevoir les nombreuses plantations de noyers caractéristiques de la région et du Vercors, les routes sont très agréables, fleuries à souhait, rouler en cette saison dans ce décor est un plaisir dont on ne se lasse pas, plaisir des yeux, plaisir du nez.

 

Il est midi passé, les membres commencent à être un peu engourdis et la faim se fait sentir, ça tombe bien, nous arrivons au lieu de pique-nique où nous pouvons refaire nos forces et calmer nos appétits.

 

Après la traditionnelle pause-café, sans trop nous attarder ni trop glander, il nous faut repartir vers Glandage début de la traversée du pays de Die et sa célèbre Clairette.

 

Maintenant à nous le plaisir des montagnes, des virages et des enchaînements, aux pneus et aux freins de montrer leur potentiel, bien entendu le tout avec modération.

 

Les petits cols s’enchaînent facilement et avec plaisir : le col de la Bataille et celui de Bacchus où en toute logique on pouvait s’attendre à un arrêt rafraîchissement, mais c’était sans compter sur la loi d’airain de l’organisation qui ne nous aura pas permis de nous arrêter quelques instants, rendre hommage à un Dieu Grec que certains en d’autres lieux moins vertueux et plus pratiquants que nous, célébreront avec une dévotion aussi débordante que communicante, mais de ça nous en reparlerons un peu plus tard ….

 

Halte au col de la Bataille, qui nous offre un paysage vraiment typique du Vercors, avec ses immenses falaises à pic, on imagine ici du haut de ce col, hélas si bien nommé ce que furent les souffrances endurées par nos anciens à qui nous devons notre liberté, le Vercors terre meurtrie par les atrocités perpétrées par les nazis, force le respect, nous ne pouvons oublier tous ces hommes et femmes résistants de ces lieux où tout rappelle le don et le sacrifice, aujourd’hui de passage dans cette région marquée par l’histoire, en pensée nous leur rendons hommage.

 

Nous abordons maintenant « La Combe Laval » un des nombreux endroits typiques du Vercors : route minuscule taillée dans la roche, à-pics, passages vertigineux se succèdent, le paysage étonne et émerveille, mais il vaut mieux le parcourir en moto, plutôt qu’en voiture tant les croisements sont aléatoires.

 

Nous arrivons à Pont en Royans et ses célèbres maisons suspendues et toujours pris de remord, ou de regret ? de n’avoir pu tout à l’heure rendre dignement hommage au Dieu Bacchus, nous décidons cette fois de réparer cette ignominie et notre dévotion trouvera un temple propice à cette célébration sous la forme d’une terrasse ombragée, mais sans doute notre repentance n’est-elle qu’à demie pardonnée, car c’est au prix fort que nous la paierons, les tarifs pratiqués par la maritorne de la gargote n’ont que faire des repentis, qu’ils passent leur chemin, le prix est le prix et ce qui est pris est pris, c’est noté.

 

Nous passons maintenant à Choranche, lieu de la grotte éponyme que nous n’aurons pas le temps de visiter, mais je vous encourage à le faire, car si j’ose dire : le crochet vaut le détour …

 

Après quelques 400 kms nous arrivons à Rencurel, où nous résiderons pour la nuit . L’hôtel «  Le Marronnier » ce sera notre havre de repos …, encore que la promesse de repos reste à vérifier et oui car ici nous précèdent de proches cousins motards Harlistes dont la forme et la vigueur, pour tôt qu’il soit, semblent être au zénith et nous verrons qu’il n’en est rien, on peut toujours mieux faire dit le dicton !

 

Pour notre part, après nous être installé, nous prenons place sous le majestueux marronnier qui donna son nom à l’hôtel et tous ensembles ainsi réunis, prenons le verre de l’amitié, par ailleurs bien mérité après cette journée intense. Un toast est levé et nous trinquons à la santé de tous, avec une pensée particulière pour celle de Robert.

 

Pendant ce temps nos voisins mais pas encore amis parce-que suspects d’être trop bruyants, s’en donnent à cœur joie, le réapprovisionnement des bouteilles peine à suivre, tant le rythme s’accélère et on ne parle pas ici de banales bulles comme il s’en produit dans la région, non non c’est bien du Champagne dont il est question, nous avons à faire malgré les apparences à des gens sérieux, il ne s’agit pas de faire dans la demi-mesure, que du brut et que ça saute ! !

 

Ce qui est bien avec les « Harley-Fergusson », c’est que la sono est toujours assurée, quand ce ne sont pas les machines, ce sont les pilotes, jamais un Harliste en fonction ne sera pris en défaut d’expression, le son c’est à fond que c’est bon ! C’est une règle immuable, quasiment de l’ordre du fondamental, c’est comme ça et il n’y pas à tergiverser.

 

Les chants patriotiques s’enchaînent et le beau-frère de Patrick qui nous a rejoint quelques kilomètres plus bas, est mis à contribution et ne se fait pas prier pour pousser la chansonnette ! et voilà le début d’une amitié passagère scellée, bien sûr on est encore un peu loin des frissons de Pavarotti, mais dans ces circonstances, nos solides trublions patriotes ne sont pas insensibles à toute forme de rapprochement vocal et amical et derechef, notre groupe est adopté et c’est réciproque.

 

Nous passons à table, mais seulement nous, l’apéro c’est pour ouvrir l’appétit, voilà qui est fait, quant à nos compagnons, nous pouvons maintenant ainsi les nommer, il n’est pour eux tout simplement pas question ni d’apéro, ni d’appétit, non le sujet est ailleurs et nous  en revenons au Dieu Bacchus, car il s’agit bien d’une célébration : celle que la bouteille voue à l’amitié, et pourquoi pas ? alors que dure encore la solennité de l’instant !

 

Le repas est agréable et comme il fait beau, un barbecue nous est proposé, sympa, nous avons presque terminé quand nos gaillards, « mi hommes, mi champagne » investissent la salle à manger, les quelques convives non motards présents ne semblent pas enthousiastes par cette intrusion sonore impromptue, mais pas imprévue … quant à nous, bon public nous nous préparons et nous réjouissons à l’idée d’une soirée truculente et on ne sera pas déçus !

 

Le personnel de l’hôtel impressionne par sa capacité à répondre à la demande et l’on peut craindre que les réserves de la cave ne suffiront pas à faire face et étancher une soif que rien ne semble pouvoir endiguer, car les bouteilles de champagne tombent comme à Gravelotte ! et bien sûr le ton et l’ambiance montent, le public a pris fait et cause, maintenant ça roule tout seul … et pour nos compagnons devenus amis, il importe maintenant de rester au niveau élevé où le nectar et l’assistance les ont placés.

 

Nous ne sommes pas en présence de pochards à la banalité de la bêtise grasse, mais de copains habitués à se retrouver après une virée à moto pour tout simplement faire la fête et y associer pourquoi pas ceux de passage, nos équipières gentiment interpellées se prêtent d’ailleurs de bon gré à leurs facéties (Jeannine et jacqueline peuvent en témoigner ) . Bien sûr nos différences d’âge sont criantes et ils ne manquent pas de vanner les vieilles personnes que nous sommes, mais jamais de façon discourtoise ou irrévérencieuse, bref la preuve est faite une fois de plus, qu’il faut se garder de tout jugement hâtif, il y a c’est sûr de braves personnes qui peuvent rouler sur de curieuses machines.

 

A ce propos juste un mot et puis non, si vous êtes intéressés par l’insolite allez plutôt voir les photos de ces drôles d’engins sur le site, le crochet vaut le détour …

 

Il est l’heure d’aller au lit, avec toutefois une petite pointe d’inquiétude : et si nos cousins, voisins, compagnons et maintenant amis décidaient de prolonger au-delà du raisonnable les festivités ? et du même coup ruineraient nos espoirs de récupération, réponse demain matin, en attendant nous ne pouvons que compatir au mal de crâne qui les guette et nous dire que nous ne risquons pas de les retrouver au petit déjeuner.

 

Nos craintes, tant mieux étaient bien inutiles, la nuit fut calme et à notre grand étonnement certains parmi les joyeux drilles étaient présents avant nous au petit dèj !!

 

C’est donc en pleine forme et après un excellent petit déjeuner que nous repartons vers ce qu’il faut bien appeler le morceau de choix du week-end : les gorges, les goulets et les cols, ceux qui seraient allergiques à la banalité, peuvent sans crainte venir dans le Vercors.

 

Les départs en moto et en montagne après une nuit de repos, sont je trouve les moments les plus intenses. La fraîcheur des petits matins, les odeurs et le calme des montagnes est un plaisir à nul autre pareil.

 

Nous touchons là à ce qui fait l’essence même et la beauté du Vercors : les gorges du Nan et les goulets, paysages à couper le souffle (expression souvent employée, mais tellement vraie ici) essayer par écrit d’en donner la description ne sert à rien, la beauté pour s’en persuader il faut la voir.

 

Après plusieurs arrêts photos qu’il faut malheureusement limiter, nous arrivons à Pont en Royans, village au combien typique du Vercors que beaucoup traversent ou visitent un peu hâtivement et c’est bien dommage car une visite complète et à pied permet de découvrir nombre de choses intéressantes, notamment le long de la Bourne d’où l’on a une vue sur les cascades et les maisons suspendues très surprenante.

 

Mais toujours le temps passe trop vite et il y a encore du boulot … alors en selle direction le col de Rousset le plus célèbre de la région que d’aucun ont, à juste titre baptisé « Le petit Stelvio »nous passons à Vassieux en Vercors village emblématique des résistants du Vercors qui paya un lourd tribut, lors des attaques de la dernière guerre et devant le mémorial érigé en leur honneur il est impossible de rester insensible à ce passé douloureux.

 

Montée à vive allure, car nous sommes un peu à la bourre vers le col de Rousset qui de ce côté est moins spectaculaire, c’est ici que nous déjeunerons au snack « le Carnotzet » et il faut rendre hommage tout à la fois à la qualité de la cuisine, à la rapidité du service et au prix très raisonnable de la prestation, vraiment cette halte en pleine nature est à recommander.

 

Quelques tours de roues et arrêt après le tunnel pour une photo de l’autre face du col et c’est vrai que d’ici il paraît plus impressionnant.

 

Direction maintenant : le Saut de la Drôme, de quoi s’agit-il ? Sans doute ne le savez-vous pas, alors je vais vous le dire, ça vous évitera de l’ignorer.

 

 Nous sommes en présence d’un glissement de montagne provocant la chute d’énormes blocs de rocher dans le lit de la Drôme de part et d’autre de la route, bien sûr un peu avant que l’on passe, voilà pour l’explication exhaustive, historique, géographique, scientifique et géologique, j’espère ne rien avoir oublié.  

 

Voilà il faut penser maintenant à rentrer, ce trop court séjour en Vercors s’achève et nous devons regagner les basses terres, la route du retour est toujours un pensum et pourquoi pas se dit le groupe 1, comme il n’est pas trop tard, revenir par la nationale ? Aussitôt dit, aussitôt fait et à Sisteron nous délaissons l’autoroute pour la nationale … aie aie, le choix n’était pas des plus judicieux, car si nous n’avons pas fait, par la route plus de kilomètres, nous avons c’est sûr mis plus de temps, la faute au trafic important et aux innombrables ronds-points, mauvaise pioche !

 

Nous arrivons à Vinon sur Verdon où l’on devait retrouver le groupe 2 sans doute déjà loin du fait de notre retard, nous nous séparons donc comme prévu mais moins nombreux à cet endroit…

 

Ce week-end a été l’occasion de sympathiques rencontres, celle des Harlistes, mais aussi et surtout celles de nouveaux venus parmi nous : Claire, Christine et Denis dont nous avons apprécié la compagnie, ainsi que celle d’Henri que nous connaissions déjà un peu.

 

Chacun et chacune repart très satisfait, content d’avoir partagé des moments intenses d’amitié motarde.

 

Merci à Patrick pour la préparation, le choix très judicieux des parcours et l’organisation sans faille de ce séjour, merci à nos guides talentueux : Michel et Alain et à tous merci pour l’amitié partagée.

 

JY raconteur motodidacte.

 

 

retour : le Vercor

Présentation du club :

... "Les Motards du Var" est une association motocycliste régie par la loi de 1901.

Créée en 2003 par Jacques Buka et Claude Marino, son siège social se situe à Bagnols en Forêt.

Cette association a pour but d'organiser des sorties et des voyages pour le plaisir de rouler entre amis.